la grille de Mr Hermann

Ludimar HERMANN (1838-1914)

C’est le physiologiste Ludimar HERMANN1 qui popularisera en 1870 cette illusion.

La postérité lui attribua à tort la paternité, et lui associa son nom car cette illusion a été rapportée la première fois par David BREWSTER2 en 1844 en l’attribuant au révérend W. SELWYN.

Cette grille est composée d’un simple quadrillage. sur un fond uni.

Aux intersections du quadrillage, nous percevons l’illusion d’une couleur plus foncée.

L’illusion fonctionne aussi bien en contraste positif (quadrillage clair sur un fond foncé), qu’en contraste négatif (quadrillage foncé sur un fond clair).

Dans ce cas, nous percevons l’illusion de couleurs plus claires aux intersections.

Dans les deux cas, nous percevons des taches fantômes aux intersections du quadrillage.

Ces taches apparaissent uniquement en vision périphérique et elles disparaissent en vision centrale à l’endroit de notre fixation.

Variante

Plus récemment, en 1994, deux chercheurs Lingelbach et Schrauf34 ont créé une variante en plaçant des points blancs aux intersections de la grille.

Dans ce cas, l’effet est renforcé. Les points blancs deviennent noirs en vision périphérique créant un effet de scintillement lorsque l’on déplace le regard sur la grille.

C’est le quadrillage rectiligne qui crée l’illusion

Cette illusion est liée à la rectitude des lignes de la grille. En effet, si on les déforme, l’illusion est atténuée ou disparaît complètement.

De même, l’effet disparaît si l’on masque une partie des lignes.

L’effet disparaît aussi si l’on complexifie la perception du quadrillage en ajoutant des motifs.

Une modification très discrète peut être très efficace pour faire disparaître l’illusion :

Récemment, Bakshi & Ghosh (2020)5 ont montré qu’il suffit de perturber légèrement la perception des angles de la grille.

L’illusion disparait si l’on perturbe la perception des angles.

Explications

Depuis la découverte de cette illusion, de très nombreuses théories sont apparues, évoluant au rythme des connaissances.

Les dernières théories récusent les anciennes basées sur la neuro-rétine et se concentrent sur les nombreux processus cognitifs du cortex. Aucun consensus n’émerge aujourd’hui et les investigations continuent.

  1. Hermann L (1870) Eine Erscheinung simultanen Contrastes. Pflügers Archiv für die gesamte Physiologie. 3: 13–15. doi:10.1007/BF01855743. [↩]
  2. Brewster, D., 1844. A notice explaining the cause of an optical phenomenon observed by the Rev. W. Selwyn, Report of the British Association for the Advancement of Science, Transactions of the Sections, p.8. [↩]
  3. Schrauf, M.; Lingelbach, B.; Lingelbach, E.; Wist, E. R. (1995). The Hermann Grid and the scintillation effect. Perception. 24 Suppl. A: 88–89. [↩]
  4. Schrauf, M.; Lingelbach, B.; Wist, E. R. (1997). The Scintillating Grid Illusion. Vision Research. 37 (8): 1033–1038. doi:10.1016/S0042-6989(96)00255-6. [↩]
  5. Bakshi & Ghosh, Tiny Squares at the Hermann Grid Corners Can Completely Remove the Illusion (2020), Perception 49(2), 232–239 — doi 10.1177/0301006619897193 [↩]
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